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29.07.2012, 19:15 - Suisse
Actualisé le 29.07.12, 19:43

Les gens du voyage ont quitté Collombey-Muraz

Il y a des excréments un peu partout ainsi que passablement de détritus sur le terrain, a indiqué le porte-parole de la police valaisanne Jean-Marie Bornet.
Crédit: Daniel CLERC
Crédit: Daniel CLERC
Crédit: Daniel CLERC
Il y a des excréments un peu partout ainsi que passablement de détritus sur le terrain, a indiqué le porte-parole de la police valaisanne Jean-Marie Bornet.
Crédit: Daniel CLERC
Il y a des excréments un peu partout ainsi que passablement de détritus sur le terrain, a indiqué le porte-parole de la police valaisanne Jean-Marie Bornet.
Crédit: Daniel CLERC

Les gens du voyage, installés pour un mariage à Collombey-Muraz (VS), ont quitté les lieux. Le terrain est jonché d'excréments et de déchets.

Les gens du voyage qui occupaient depuis une semaine un terrain à Collombey-Muraz (VS) l'ont quitté dimanche vers 10 heures, soit deux heures avant l'échéance convenue. En revanche, l'autre partie du contrat, soit le restituer propre, n'a pas été remplie.

Il y a des excréments un peu partout ainsi que passablement de détritus sur le terrain, a indiqué à l'ats le porte-parole de la police valaisanne Jean-Marie Bornet, évoquant un spectacle "pitoyable". Les bennes mises à disposition ne contiennent qu'une partie des déchets, a-t-il précisé.

A l'heure du bilan, seul subsistait sur place le chapiteau installé pour le mariage célébré samedi et qui devait encore être démonté par l'entreprise qui l'a loué aux gens du voyage. Ces derniers sont repartis pour certains en France, d'autres en direction de Fribourg, tandis que quelques-uns se sont installés sur la place officielle sise à Martigny (VS).

La police valaisanne a informé les forces de l'ordre des cantons voisins de ces déplacements, selon un système d'alerte mis en place ces dernières années, a précisé M. Bornet. Elle a également procédé à un constat de l'état des lieux.

Plainte pour menaces

Pour le reste, la police n'a enregistré aucun débordement, malgré les rodomontades entendues de part et d'autre. Une plainte pour menaces avait été déposée lundi par l'agriculteur locataire du terrain. La police a enregistré les versions des protagonistes et l'affaire suit son cours, a précisé M. Bornet.

Mardi, sous l'égide de la police, un accord était intervenu entre le propriétaire des lieux et les gitans. Il incluait un dédommagement de 5500 francs ainsi que la promesse de quitter les lieux d'ici dimanche à 12h00 et de les rendre propres.

Le tarif convenu est celui que les gens du voyage auraient payé sur la place officielle à Martigny (VS). Celle-ci ne peut accueillir qu'une trentaine de caravanes.

Autorités impuissantes

Les esprits se sont échauffés tout au long de la semaine, et la police avait renforcé son dispositif autour du campement de gens du voyage venus de France et d'Allemagne célébrer un mariage. La circulation a ainsi été limitée sur certaines routes communales.

Une soixantaine de caravanes avaient pris place dans le champ. L'affaire, qui a agité le Chablais valaisan, les réseaux sociaux et jusqu'à la presse alémanique, a mis en évidence l'impuissance des autorités et de la justice.

La justice a en effet les mains liées. Le camping illégal n'est pas de la violation de domicile tant que la parcelle en question n'est pas clôturée ou à proximité immédiate d'une maison, comme l'avait expliqué à l'ats le procureur valaisan Nicolas Dubuis.

Pour ce qui est des déprédations et salissures, c'est le règlement communal qui s'applique, et l'infraction est punie d'une simple amende, poursuit M. Dubuis. Même si le propriétaire des lieux porte plainte, la police ne peut guère poursuivre des centaines de gens du voyage n'ayant probablement pas d'adresse fixe.

Un réel soulagement

Marqué par les événements - «il s’agit d’un vrai désastre écologique!» -, à l’instar de son épouse et de ses quatre enfants, Simon Turin a passé la nuit de samedi à hier à l’alpage. Loin des tumultes de la noce gitane.

«Heureusement, que moi et ma famille avons reçu de très nombreux messages de soutien émanant de la région mais aussi de toute la Suisse, sinon, on m’aurait interné à Malévoz!»

Et d’avouer, soulagé: «Je suis content de pouvoir retrouver ma famille entière et en bonne santé.»

Politiques sur le terrain et à la tribune

Plusieurs politiques se sont exprimés lors d’un rassemblement, hier à Collombey-le-Grand. Devant 200 personnes venues pour aider à nettoyer le champ – une opération qui n’a finalement pas eu lieu afin de mettre la pression sur les Autorités cantonales -, ceux-ci ont manifesté leur solidarité avec le propriétaire et l’exploitant du domaine. «Votre situation nous a tous heurtés», a souligné Yannick Buttet. Pour le conseiller national PDC de Collombey-Muraz, «certaines autorités n’ont pas eu le courage d’agir suffisamment tôt. Cette situation ne doit plus se reproduire.»
Frère de Simon, le municipal Bruno Turin (PDC) a estimé que «les gitans ont eu l’appui implicite de la Police cantonale valaisanne qui a préféré un mauvais accord plutôt que d’intervenir. C’est le meilleur signal que l’on pouvait donner pour ces gens reviennent chez nous!» Du côté de l’UDC, Oskar Freysinger a rappelé «qu’il aurait fallu les déloger, quitte à appeler l’armée en renfort!»  Pour le député Jean-Luc Addor, une cartouche de chevrotine à la main – elle aurait été trouvée dans le pré occupé par les gitans -, «la police a protégé les gens dans l’illégalité et non le propriétaire et l’exploitant!»

Par Fabrice ZWAHLEN

Source: ATS



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