Les gouvernements bernois et jurassien ont conclu aujourd'hui une déclaration d'intention pour résoudre la question jurassienne.
L'accord prévoit l'organisation simultanée de deux votations populaires, dans le Jura et le Jura bernois. Il prévoit aussi que, dans un second temps, les communes puissent faire valoir leur droit quant à leur appartenance cantonale.
Ainsi Moutier (BE) pourrait par exemple rejoindre seule le canton du Jura. La question du vote communaliste, précédemment rejeté par Berne, divisait jusqu'ici les deux cantons.
L'accord a été conclu dans le cadre d'une Conférence tripartite présidée par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, précise le Département fédéral de Justice et police (DFJP) dans un communiqué.
Nouveau canton
L'objet des deux votations sera la création d'un nouveau canton formé du Jura et du Jura bernois.
En cas de double «oui», les gouvernements bernois et jurassien élaboreront un concordat intercantonal qui définira la procédure à appliquer, notamment l'élection d'une Assemblée constituante, poursuit le communiqué.
«Si au contraire, au moins l'une des deux votations débouche sur un résultat négatif, le projet de créer un nouveau canton sera abandonné».
Les habitants des communes du Jura bernois pourront ensuite se prononcer une seconde fois, s'ils le désirent. Ils auront ainsi le choix de rester Bernois, même si la création du nouveau canton a été acceptée ou à l'inverse de rejoindre le canton du Jura si le projet ne passe pas la rampe.
Ces prochains mois, un texte sera mis en consultation dans les deux cantons. «Les deux gouvernements s'engageront afin que le processus se poursuive dans la sérénité et le respect des principes démocratiques», conclut le communiqué.
Un accord historique selon Simonetta Sommaruga
La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a qualifié d'historique l'accord pour résoudre le conflit jurassien.
«La perspective d'un vote éveille des espoirs et des craintes», a ajouté la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP). Elle a ajouté que la Confédération allait continuer à s'engager sur ce dossier pour garantir un climat constructif. Elle n'entend rien dicter, seulement jouer son rôle de modératrice.
Simonetta Sommaruga demande que le respect et la tolérance accompagnent le processus qui s'engage dès aujourd'hui. Les plébiscites des années 70 avaient été marqués par des incidents entre partisans et adversaires d'un nouveau canton.
«La population du Jura et du Jura bernois aura la chance de se rendre aux urnes pour choisir son avenir», a déclaré de son côté la présidente du Gouvernement jurassien Elisabeth Baume-Schneider. Elle estime que cet accord ne privilégie aucun intérêt autre que celui de la population. Pour le Conseil d'Etat bernois, il n'y a pas de perdant.
Le Mouvement autonomiste jurassien salue la signature de l'accord
Le Mouvement autonomiste jurassien (MAJ) réserve un bon accueil à l'accord. Il estime que ce dernier offre la possibilité de «corriger une erreur historique».
«La décision prise est opportune, pertinente et correctement conçue», écrit le MAJ dans un communiqué. «Elle est un acte de sagesse» de la part des autorités cantonales et fédérales impliquées dans le dossier, estime-t-il.
Le Mouvement autonomiste appelle désormais les citoyens à «choisir leur avenir avec clairvoyance», rappelant que les «Jurassiens n'ont plus été consultés sur leur destin depuis 37 ans».
«Nous espérons que le canton de Berne tiendra ses engagements et qu'il ne fera pas en sorte de saboter cet accord», a ajouté le secrétaire général du MAJ Pierre-André Comte, interrogé par l'ats. «Il ne peut pas éternellement retenir Moutier dans le Jura bernois».
Source: ATS

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